PROGRAMME D’APPUI A LA SURVEILLANCE MONDIALE POUR L’ENVIRONNEMENT ET LA SECURITE EN AFRIQUE (GMES & AFRICA)

SUIVI DES HABITATS CRITIQUES ET DES ECOSYSTEMES MARINS ET COTIERS EN AFRIQUE DE L’OUEST : campagne de suivi de  l’érosion côtière au Sud-Bénin

 

SOMMAIRE
I. INTRODUCTION
II. OBJECTIFS DE LA MISSION
III. METHOLOGIE DE LA MISSION
IV. RESULTATS DE LA MISSION
V. CONCLUSION

 

I. INTRODUCTION

Les écosystèmes marins et côtiers de l’espace ouest-africain regorgent d’importantes biodiversités animales et végétales. Ces ressources naturelles marines et côtières sont, depuis des siècles, le support d’intenses activités socioéconomiques, développées par les populations riveraines. Ces diverses pressions anthropiques ne sont pas sans conséquences sur ces écosystèmes en dégradation continue. Pour freiner cette tendance et développer des stratégies de gestion durable des ressources naturelles du milieu marin et côtier de l’Afrique, le programme de Surveillance Mondiale pour l'Environnement et la Sécurité en Afrique (GMES and Africa) a été développé pour renforcer les réalisations et les acquis du programme de Surveillance de l'Environnement et la Sécurité en Afrique (MESA) mis en oeuvre de 2014 à 2017.

Le programme GMES and Africa a démarré en août 2018 pour une durée de 3ans. Il regroupe 13 consortiums répartis dans 12 pays côtiers de la CEDEAO, à savoir : le Bénin, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo. Il est coordonné par l'Université du Ghana et vise principalement la fourniture aux décideurs des informations et des outils d'observation de la Terre (OT) pour la gestion durable des ressources marines et côtières de l’Afrique de l’Ouest. Plus spécifiquement, GMES and Africa vise l’atteinte des objectifs ci-après :

  1. le renforcement des capacités régionales et nationales de production et d'application de l'information fondée sur l'OT ;
  2. la sensibilisation du public au rôle crucial de l'observation de la Terre dans la gestion durable des ressources marines ;
  3. le suivi des habitats et des écosystèmes marins et côtiers.

Il est cofinancé par l'Union Européenne (UE) et la Commission de l'Union Africaine (CUA) et devrait à terme, impacter la prise de décision dans les 12 pays bénéficiaires. Sa mise en oeuvre se fait à travers un réseau d'acteurs nationaux, d'organismes régionaux de pêche, d'universitaires et de chercheurs provenant de l’Université du Ghana (Centre régional marin) ; de l’Institut Nigérian d'Océanographie et de Recherche Marine (NIOMR) ; du Centre Universitaire de Recherche d'Application en de Télédétection (CURAT) de la Côte d’Ivoire ; de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (IRHOB); du Centre de recherches océanographiques de Dakar -Thiaroye (CRODT) ; de l’Agence météorologique du Ghana (G-MET) ; de l’Institut National pour le Développement de la Pêche (INDP) du Cap-Vert et de Wetlands International Afrique (WIA) du Sénégal.

Pour le volet 3 du programme GMES-Africa, à savoir : « le suivi des habitats et écosystèmes marins et côtiers », l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (IRHOB) mène des campagnes de mesures topographiques pour suivre l’évolution du trait de côte béninoise depuis la frontière bénino-nigériane à la frontière bénino-togolaise. Ces mesures nous permettent d’identifier des segments de côte vulnérables à l’érosion côtière et d’apprécier l’intensité de ce risque pour des mesures de protection du littoral. Ces campagnes se font quatre fois l’année, soit une fois tous les trois mois.

Le projet GMES-Africa a appuyé cette activité en finançant la campagne du 3e trimestre 2019, qui s’est déroulée du 19 au 23 août 2019 dans les cinq communes côtières du Bénin, à savoir : Sèmè-Kpodji, Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah et Grand-Popo.

OBJECTIFS DE LA MISSION

L’objectif principal de la mission est de faire le suivi de la dynamique côtière du littoral béninois.

Les objectifs spécifiques de la mission sont :

  1. collecter les données topographiques sur les neuf (09) stations de mesures installées le long de la côte béninoise ;
  2. traiter et analyser les données topographiques collectées ;
  3. Rédiger un rapport de mission.

 

II. METHOLOGIE DE LA MISSION

La mission sur le terrain a consisté à faire des levés topographiques au niveau des neuf (09) stations reparties le long du littoral béninois. La figure n°1 montre les neuf stations de mesures avec leurs coordonnées (tableau I).

Tableau I: Coordonnées des stations de mesure

La mission s’est déroulée en trois phases à savoir :

  • la phase préparatoire pour l’organisation technique et matérielle de la mission. Elle a consisté à mobiliser les appareils de mesures et les techniciens qui vont aider à la collecte des données ;
  • la phase de collecte des données sur le terrain. Elle a permis de sillonner les stations de mesures dans cinq communes côtières pour réaliser les levés topographiques ;
  • la phase de traitement et d’analyse des données qui ont permis d’avoir les graphiques.

Les images ci-dessous montrent quelques étapes de mise en station au niveau des stations de mesures.

 

III. RESULTATS DE LA MISSION

Le traitement et l’analyse des données collectées au cours de cette campagne ont permis de tracer les profils de plage à partir de chaque point de mesure au niveau de chaque station et les comparer à ceux obtenus lors de la campagne menée du 20 au 25 mai 2019 (fig. 2 à 10).

En comparant ces profils de plage à ceux obtenus au cours de la précédente campagne, les résultats suivants ont été obtenus au niveau des plages des sites de mesure (tableau II):

Tableau II: Synthèse de l’évolution du trait de côte (en mètre) entre mai et septembre 2019 au niveau de chaque station de mesures

 

IV. CONCLUSION

Cette mission de suivi de trait côte béninois a permis de constater que la dynamique côtière béninoise n’a pas le même comportement sur tout le littoral. Ainsi, nous avons des segments de côte qui subissent une forte érosion (Commune de Grand-Popo, Commune de Sèmè Pkodji) et des segments en engraissement ou en équilibre dynamique (Commune du Littoral, Commune d’Abomey-Calavi).